La sélection de la rédaction

À l'affiche
à Lille.

Les dates qu'on ne veut pas que tu rates à Lille ces quatre prochaines semaines, et ce qu'on en pense. La sélection change chaque matin.

  1. Calva Louise, c'est l'histoire de Jess Allanic, partie seule du Venezuela à quinze ans, qui rencontre sa bassiste au lycée à Rouen avant que le duo ne file à Londres fonder ce trio de fuzz rock. En totale autoproduction, du son aux costumes, ils ont depuis assuré les premières parties d'Albert Hammond Jr. et de Highly Suspect. Du surf rock et du garage, pensés et fabriqués maison jusqu'au bout des ongles.

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  2. So La Lune a grandi à Mermoz, un quartier de l'agglomération lyonnaise, avant de passer plusieurs années de son adolescence aux Comores, pays d'origine de son père : une double géographie qui infuse encore ce qu'il raconte en studio. Le mot Tsuki, qui a donné son nom à son tout premier projet, veut simplement dire lune en japonais.

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  3. Beauseigne, titre de son premier album, veut dire « le pauvre » en patois de Saint-Étienne, sa ville : Zed Yun Pavarotti n'a jamais habillé ses débuts en costume de rappeur sage. Il a fait ses classes en ouvrant pour Orelsan au Zénith de Lille, avant de troquer les samples pour une guitare et composer en solo.

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  4. Mig Moula et Kerchak appartiennent à la génération qui a construit son public avant même d'avoir une date de concert, à coups de freestyles filmés au téléphone et de featurings qui tournent en boucle sur toutes les platines. Les voir réunis sur une même scène, loin des algorithmes, c'est l'occasion de vérifier si le rap de clip tient aussi debout sans montage ni filtre.

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  5. Avant que quiconque ne les remarque, les membres de Robert Jon & The Wreck jouaient déjà ensemble depuis 2011 dans l'Orange County, loin des podiums qu'ils remplissent aujourd'hui. Leur dernier album studio réunit à la production Dave Cobb, Don Was et Kevin Shirley, des pointures qui ont aussi travaillé avec les Rolling Stones ou John Mayer. Pour qui aime le rock sudiste qui ne cherche pas à se faire moderne, la filiation est directe.

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  6. Franck Hueso vient du grindcore et du thrash ; sous le nom de Carpenter Brut, il fait depuis 2012 une synthwave nourrie des films d'action et d'horreur des années 80, rythmes agressifs et solos de guitare compris. Ses morceaux ont habillé Hotline Miami 2 et Furi, et il a tourné aux États-Unis avec Ghost. En trio sur scène, c'est un film d'horreur qu'on danse.

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  7. Formés en 1989 en Bavière autour des frères Acher, passés du hardcore à l'électronica, les Notwist ont conquis l'Amérique avec Neon Golden en 2002. Leur nouvel album, News from Planet Zombie, réunit toute la formation live élargie, ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps. Retenues et envolées, notes cristallines et hymnes futuristes : l'indé allemand dans ce qu'il a de plus élégant.

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  8. Avant d'être Goodbye Karelle, Karelle Tremblay jouait la comédie : nommée aux Canadian Screen Awards 2016 pour Les Êtres chers, elle a passé des années à dire les mots des autres. Sa musique, comparée à Mitski ou à Japanese Breakfast pour le grain de la production, marque la première fois qu'elle écrit et chante en son nom propre. Le silence de l'actrice a fini par trouver sa voix.

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  9. Le trio vient de Besançon, a déjà ouvert pour Carpenter Brut au Zénith de Paris, et prépare un nouvel album pour cet automne. Leur chanteur décrit leur dernier titre comme « dansant, mélancolique et agressif », un résumé qui vaut aussi pour la soirée : Brutal Beatnik en ouverture, masques blancs et machines froides, avant que les guitares ne reprennent le dessus.

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  10. Cooper Crain lance Bitchin Bajas en 2010 comme projet parallèle à Cave, ses krautrockers de Chicago déjà bien repérés. En 2021, le groupe rend hommage à Sun Ra sur l'album « Switched On Ra », empilant dix-neuf synthétiseurs pour un disque qui tient plus du rituel que du revival.

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  11. Sa grand-mère, la compositrice Isabelle Aboulker, a signé plusieurs contes musicaux pour l'enfance, et l'un d'eux, écrit en 2016, portait déjà le prénom Myla. Avant la pop virale, il y a eu le piano au CRR de Paris et des chansons postées en anglais sur les réseaux, loin des cases habituelles de la variété française. Une discipline d'écriture qui vient visiblement de plus loin qu'un simple coup viral.

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  12. Il y a douze ans, Frazey Ford enregistrait Indian Ocean aux studios Royal de Memphis, avec les frères Hodges, la section rythmique qui jouait derrière Al Green — une rencontre née d'un documentariste qui l'avait entendue chanter et embarquée dans le Sud. Cette empreinte-là ne s'efface pas d'une voix. Si tu aimes la soul qui vient vraiment de là-bas, la filiation ne trompe pas.

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  13. Boire, son premier album sorti en 1995, s'est vendu à près de 150 000 exemplaires et a été certifié disque d'or : la preuve qu'on peut lancer la nouvelle chanson française sans sourire sur la pochette. Deux ans plus tard, nommé aux Victoires de la musique, il n'est même pas venu chercher le prix. Trente ans après, il n'a toujours pas appris à faire semblant.

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  14. Midwife, c'est Madeline Johnston, qui enregistre depuis le Nouveau-Mexique après avoir fait ses gammes dans le collectif Rhinoceropolis à Denver, berceau d'une scène noise et DIY underground. Son dernier album, No Depression in Heaven, creuse le slowcore et l'ambient jusqu'à l'épuisement, avec la patte mélancolique qu'on lui connaît depuis Luminol. Devin Shaffer ouvre en solo, dans un format aussi dépouillé que l'ambiance qui les attend.

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  15. Le nom du groupe n'a aucune signification profonde : les quatre musiciens l'ont choisi au hasard, simplement parce qu'il les faisait rire. Entre deux clins d'œil à King Gizzard & the Lizard Wizard et à Tame Impala, autres enfants de la scène psych australienne, leur dernier disque alterne groove fuzz et parties de guitare qui partent dans tous les sens sans jamais lâcher le fil. Perth leur a donné un garage ; ils en ont fait une fanfare.

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  16. Avant d'être une signature vocale copiée dans tous les talent-shows, Asaf Avidan a connu une vie entière de hit planétaire malgré lui : son titre Reckoning Song, remixé sans qu'il le demande, a tourné sur tous les dancefloors d'Europe pendant que lui restait fidèle à ses machines à écrire et à ses guitares acoustiques. De quoi écouter autrement une voix qu'on croyait connaître par cœur.

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À l'affiche à Lille : les concerts choisis par la rédaction | Stéréoscope